Petit chat malade

17 mai 2018

Las Medulas

A l'occasion d'un voyage de groupe en Espagne, j'ai découvert l'un des paysages les plus extraordinaires qui soient : Las Médulas, près de Ponferrada. La planète Mars, si elle était terraformée et dotée d'une atmosphère, aurait sans doute un tel visage. Imaginez. Telles d’immenses crêtes déchiquetées, les surfaces d’argile des pitons rocheux de cet extraordinaire paysage d’un autre monde s'embrasent sous le soleil. Cet endroit en apparence sauvage a pourtant connu l'homme. Les collines en partie couvertes de châtaigniers et de sentiers dissimulent en effet un dédale de tunnels, de cavernes, de lacs et de grottes. Elles ont en effet abrité la plus grande mine d’or de l'Empire romain. Et cette merveille naturelle témoigne des prouesses techniques des Romains. Jusqu’à 800 tonnes d'or furent extraites du site aux Ier et IIe siècles, à l'aide d'un système hydraulique remarquable pour l’époque. L’écrivain latin Pline l’Ancien décrivit la naissance d'une sorte de mine, ruina montium, à cet endroit. D'énormes volumes d’eau provenant des montagnes voisines furent évacués par un système complexe de couloirs et de galeries creusés à cet effet. Les monts de Las Médulas s'effondrèrent, facilitant l’accès à l'or qu’ils recelaient. Pline parle de mineurs passant des mois sous terre sans voir le soleil, occupés à creuser des tunnels à la lueur des chandelles. Nombre d'entre eux y perdirent la vie. Après avoir exploité le site durant deux siècles, les Romains l’abandonnèrent. Le paysage naturel de Las Médulas a été modifié, mais le lieu est resté intact depuis les Romains, donnant une idée des moyens techniques dont disposaient ces derniers. Aujourd'hui, de nombreux sentiers permettent d'admirer les cavernes et les grottes spectaculaires d'où l’or était extrait, ainsi que des galeries où perdurent des traces du passage, il y a des milliers d'années, de ces mineurs, ainsi que des vestiges de leurs villages. Le point de vue voisin d'Orellán permet de jouir d’un paysage exceptionnel. En 1997, l’UNESCO a inscrit Las Médulas sur la liste des sites protégés, car il s’agit d’un témoignage très bien préservé de la technologie à l'époque romaine. Un site à découvrir absolument, la prochaine fois que vous passerez par l'Espagne ! D'ailleurs, je vous mets le lien vers l'agence qui a organisé ce voyage de groupe. Elle a fait un travail formidable et nous a permis de découvrir des coins d'Espagne que je ne connaissais pas, loin des classiques séjours à Barcelone, Madrid ou Séville. En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste réputé de ce voyage groupe.

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14 mai 2018

L’accès à des bases de données est une nouvelle modalité de l’obligation statistique, qui appelle des garanties complémentaires

L’accès du service statistique public à des bases de données ne représente pas un changement de nature de l’obligation statistique : les personnes privées sont déjà tenues de transmettre les informations dont l’utilité a justifié l’inscription dans le programme annuel d’enquêtes. Il s’agit d’une modalité nouvelle de mise en œuvre de cette obligation, le service statistique public accédant directement à certains éléments des bases de données de la personne privée au lieu de demander à celle-ci d’en extraire les informations nécessaires. Pour autant, l’accès aux bases de données soulève des questions nouvelles par rapport aux modes traditionnels de collecte. Lorsqu’une entreprise répond à une enquête, elle maîtrise les informations qu’elle communique et n’a pas à ouvrir ses systèmes d’information à des personnes qui lui sont extérieures. En ouvrant ses bases de données aux agents du service statistique public, l’entreprise leur donne accès à un ensemble d’informations beaucoup plus important que celles qui sont nécessaires à l’enquête ; selon la sensibilité des données, se posent des questions de sécurité inédites dans la relation entre la statistique publique et les entreprises. Le secret statistique, en vertu duquel les agents du service statistique public sont astreints au secret professionnel sous les sanctions prévues à l’article 226-13 du code pénal, serait bien sûr applicable aux informations obtenues par l’accès aux bases de données des personnes privées. Cependant, deux garanties complémentaires, adaptées à ce nouveau mode de collecte, devraient être instaurées : - La limitation de l’accès et de la réutilisation aux données nécessaires à l’enquête : l’ouverture des bases de données ne doit servir que pour répondre aux besoins de l’enquête, préalablement définis dans le projet d’enquête ayant reçu le visa ministériel prévu par l’article 2 de la loi du 7 juin 1951. Il n’est pas envisageable que le service statistique public puisse « jouer » avec les données pour en déterminer les futurs usages, comme le ferait un chercheur ou une startup dans le cadre d’un « hackathon ». - La sécurité des données : les conditions techniques de l’accès aux données devraient être définies en accord avec la personne privée, de manière à en garantir la sécurité.

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20 mars 2018

Au volant...

Il y a peu, je me suis offert un de ces petits luxes qui a le don de remonter le moral : je me suis mis au volant d'une Ferrari Italia. J'ai fait ça pendant un stage de pilotage à Abbeville, où j'ai pu la tester dans des conditions tout simplement incroyables : sur un circuit pro où j'ai pu la pousser dans ses retranchements. Une vraie merveille. Elle était si nerveuse que j'avais le sentiment de grimper un cheval sauvage. Ce trop court moment m'a rappelé à quel point la route pouvait être attrayante. J'aime prendre le volant de n'importe quel véhicule. Déjà enfant, je rêvais de grandir le plus vite possible pour pouvoir passer mon permis. Mais je dois reconnaître que ce plaisir s'est grandement desséché en grandissant. Il faut dire que les incidents de circulation et les restrictions de vitesse finissent par taper sur le système du conducteur le plus zen : la conduite sur route est devenue vraiment infernale en beaucoup d'endroits. C'est essentiellement cette fichue réglementation qui gâte l'expérience, à mon avis. Autrefois, la conduite automobile était un pur délice. Je me rappelle que dans mon enfance, l'on accrochait son enfant sans devoir mettre un siège spécial, et l'on partait en week-end sans se poser de question. S'il y avait un bébé, on le mettait sur ses genoux, tout simplement. Et puis des fonctionnaires zélés ont mis leur grain de sel là-dedans. Il n'y a à première vue rien à rétorquer à un technocrate qui veut seulement le bien de tous, et épargner le plus de vies possible. Mais c'est à cause de ce genre de raisonnement que nous évoluons désormais dans une société complètement cloisonnée et exagérément protectrice. Si on continue sur cette lancée, nous finirons par conduire sur des autoroutes restreintes à 60 km/h ! Et si cette prévision paraît improbable, regardez donc tout ce qui a déjà été fait en quelques années à peine ! Si cela vous tente, je vous mets en lien le site sur lequel j'ai trouvé ce stage de pilotage. Réveillez l'as du volant qui sommeille en vous ! Loin des limitations de vitesse, nul doute qu'il reprendra vite du service ! Davantage d'infos est disponible sur le site de l'organisateur de ce stage de pilotage Ferrari.

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26 janvier 2018

En mai, tu fais ce qu'il te plaît

Spéciale, cette présidentielle. Nos politiques français ont fait de l'immoralité et des outrances un principe de vie. J'entends bien que cela ne concerne pas tous les politiques, bien sûr. Cela dit, ceux qui repoussent chaque jour les limites de l'immoralité se trouvent être les premiers représentants de leur parti. Ça ne vous gêne pas, vous ? La semaine dernière encore, j'ai participé à un incentive à Chicago où j'ai médité ce sujet avec une poignée de collègues ; et même si nous avions des idées politiques de toutes sortes, nous étions tous impressionnés par les dernières dérives auxquelles nous avons assisté. Il y a tellement d'exemples possibles qu'on ne sait lesquels choisir; en fait ! François Fillon qui diffame chaque jour Hollande, qui selon lui tirerait les ficelles et aurait commandé ses déboires judiciaires. Il a redemandé qu'une enquête soit menée sur les déclarations du livre « Bienvenue Place Beauvau », sur lequel il se base pour dénoncer la réalité d'un « cabinet noir » qui veut sa perte à tout prix. Peu importe que les auteurs du livre aient enquêté des années durant et eux-mêmes statué qu'un tel cabinet n'existe pas : cela n'empêche pas Fillon de maintenir ses accusations gratuites. Marine Le Pen pousse le bouchon encore plus loin : elle a fait de la dénonciation du complot politico-médiatique sa marque de fabrique. Des courriers adressés à la présidente du Front national attestent du fait qu'elle n'ignorait rien du système qui avait été mis en place (quant aux emplois fictifs d'attachés parlementaires). Mais ses électeurs ne sont pas plus choqués que ça. Ce qui lui donne l'occasion d'aller toujours plus loin dans ses attaques. Il suffit de voir ce qu'elle a fait pendant la perquisition de février dernier au siège du FN. Les rapports des policiers établissent que celle qui souhaite représenter les français a tout filmé, souriant à l'idée de pouvoir « alimenter de vidéos les réseaux sociaux. » Non seulement elle n'a pas obéi à l'injonction des policiers quand ils lui ont demandé d'arrêter, mais elle a logé son téléphone portable sur sa poitrine de façon qu'il puisse continuer à filmer, puis a demandé aux inspecteurs d'un air ironique s'ils allaient oser venir le chercher. Si c'est pas beau, ça... Au passage, cet incentive à Chicago m'a beaucoup plu. Voici l'agence qui l'a animé, si ça vous intéresse. Davantage d'information sur cette activité incentive aux USA en cliquant sur le site internet de l'organisateur.

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17 janvier 2018

« Qui a tué Roger Ackroyd ? »

L’un des romans les plus populaires d’Agatha Christie, c’est Le meurtre de Roger Ackroyd. Ce n’est pas le premier qu’elle a publié, car il n’a été que le sixième dans l’ordre chronologique, en 1926, mais il a été le premier publié en France. Il faut dire que nul avant Dame Agatha n’avait eu cette idée extravagante de raconter l’histoire entière d’une enquête policière, mais par la voix de l’assassin, sans que le lecteur puisse se douter de l’astuce. Or ce roman a été assez mal accueilli en Angleterre, par les critiques professionnels. L’un d’eux a estimé que le livre était très mauvais, un autre a juré qu’il ne lirait plus aucun roman d’Agatha Christie, et ainsi de suite. Mais le temps a fait oublier tout cela, et le livre reste extrêmement populaire. Dans le même genre, son autre roman, Dix petits nègres, a remporté un succès aussi éclatant, même si son titre a froissé quelques susceptibilités, au point qu’on l’a réédité sous d’autres titres, Dix petits Indiens, et À la fin il n’en reste qu’un. Celui-là a été porté au cinéma, dans un mauvais film à la distribution fâcheusement internationale (Charles Aznavour, Adolfo Celi, Stéphane Audran, Richard Attenborough, Gert Fröbe, Herbert Lom, Elke Sommer, Oliver Reed, et la voix d’Orson Welles), et dans un téléfilm en trois parties de la BBC, beaucoup plus réussi, avec l’excellent Charles Dance. Je suis très « client » d’Agatha Christie, et j’ai lu absolument tous ses livres. Mais je ne suis pas assez futé pour être capable de trouver l’assassin avant les dernières pages. Sauf, et c’est là le point le plus curieux, pour Le meurtre de Roger Ackroyd ! En effet, le docteur Sheppard, qui est l’assassin désigné par Hercule Poirot, raconte sa dernière entrevue avec sa victime, et rapporte qu’ayant discuté avec Ackroyd de ce que ce dernier devait faire, lire une certaine lettre, il conclut son récit par ces quelques phrases : « La lettre lui avait été remise à 9 heures moins 20. Il ne l’avait toujours pas lue quand je le quittai, à 9 heures moins 10 exactement. J’hésitai un instant sur le seuil, la main sur la poignée, et me retournai en me demandant si je n’oubliais rien. Non, apparemment. Je n’avais plus rien à faire ici. Résigné, je quittai la pièce et refermai la porte derrière moi ». Ces dix minutes m’avaient semblé un délai bien long pour un simple avis, surtout si la lettre n’avait pas été lue, et le fragment de phrase « [je] me retournai en me demandant si je n’oubliais rien » était plus que suspect. Je ne me vante pas, car c’est la seule occasion que j’ai eu de trouver le nom de l’assassin avant les lecteurs habituels ! Au fait, savez-vous qu’il existe un livre, que j’ai lu, Qui a tué Roger Ackroyd ?, datant de 1998, et dont l’auteur, Pierre Bayard, « démontre » que le véritable assassin de Roger Ackroyd n’est pas le docteur Sheppard (commentaire critique ICI), mais un autre personnage, que je vous laisse découvrir. Évidemment, il est indispensable d’avoir lu aussi le roman d’Agatha Christie ! Mais il y a des corvées plus rebutantes...

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08 décembre 2017

Sans frontière à Malte

Il y a quelques jours, lors d'un incentive à Malte, j'ai eu l'occasion de tester un casque de réalité virtuelle. J'en avais envie depuis pas mal de temps déjà, alors je peux vous dire que je ne me suis pas fait prier lorsqu'on me l'a proposé. Et en fin de compte, je dois dire que je serais bien reparti avec le casque dans mes bagages ! J'ai été impressionné de bout en bout par l'expérience. C'est simple : j'envisage de me faire offrir un de ces casques pour mon anniversaire (famille, si tu lis ces lignes...). J'ai longtemps eu du mal à déterminer si cette technologie était gadget ou non, si elle allait retomber comme une soufflé, à la manière des téléviseurs 3D (une belle arnarque que celle-là, d'ailleurs). Bref, comme beaucoup de gens, j'étais dans l'expectative. Mais croyez-moi, si vous n'avez jamais goûté aux joies de la réalité virtuelle, vous risquez d'être surpris. C'est si immersif que c'en est troublant. Non pas pour la qualité d'image, car la résolution est encore un peu faible, de ce côté. Mais la sensation d'immersion, en revanche, est bien présente. Elle est même si intense que vous avez véritablement le sentiment de marcher dans cette réalité. J'ai vécu de multiples expériences VR lors de cet incentive (généralement de petits jeux pour tester les possibilités de cette technologie), mais ce qui nous a fait le plus d'effet, à mes collègues et moi, reste l'expérimentation d'un survival horror FPS où il fallait se promener dans un couloir. Des choses de plus en plus glauques et inquiétantes s'y produisaient. Et même si ce n'était qu'un jeu, je peux vous assurer que tous ceux qui l'ont testé ont beuglé pour de bon lorsqu'une porte claquait dans leur dos ! Moi le premier, d'ailleurs ! La VR va à l'évidence tout changer. Parce que contrairement à ce qui se passe devant un écran, vous vous retrouvez complètement seul dans une autre réalité, avec un casque. Et c'est une révolution aussi alarmante qu'excitante. Soit dit en passant, j'ai aussi bien apprécié cet incentive. Je vous mets en lien l'agence qui nous l'a proposé. Retrouvez toutes les infos sur cette activité incentive à Malte en suivant le lien.

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Mesurer l’intensité de la concurrence des zones monétaires sur les entreprises françaises

En dehors de l’impact des variations de change entre l’euro et le dollar, les différents secteurs d’activité peuvent être plus ou moins exposés aux variations de change entre l’euro et les différentes monnaies selon l’origine géographique des concurrents. Concernant les entreprises françaises, on divise l’appartenance géographique des concurrents en trois zones : la zone euro, la zone dollar et la zone yen (constitué en fait uniquement du Japon). Outre le pays émetteur de la monnaie en question (zone euro, États-Unis et Japon), on regroupe les différents pays en zones d’influence. Cette répartition est faite ici de manière un peu arbitraire, mais en se basant sur l’accroche plus explicite des monnaies par rapport aux trois principales monnaies. À l’importation, l’exposition des différents secteurs est estimée simplement à partir de la structure des importations par pays ou zone d’origine. À l’exportation, l’intensité de la concurrence est calculée en deux étapes, selon un système dit à double pondération : on identifie d’abord le poids chaque concurrent sur chacun des marchés à l’exportation de la France, puis on pondère par le poids de chaque marché dans les exportations françaises. À l’exportation, les entreprises françaises sont plutôt confrontées, en moyenne, à des concurrents de la zone euro, surtout lorsque l’on utilise ce terme dans une acception plus large c’est-à-dire en intégrant des pays dont la monnaie est plus ou moins explicitement rattachée à l’euro Parmi les secteurs les plus soumis à la concurrence de la zone dollar figurent à la fois des secteurs de haute technologie (armement, aéronautique, filière électronique), mais aussi des secteurs plus traditionnels en liaison avec le poids des pays émergents. Dans des secteurs de moyenne technologie, la concurrence reste surtout européenne (automobile, certaines branches de la filière mécanique). Le Japon est un concurrent important dans quelques secteurs (optique, machines-outils). Sur le marché intérieur, la structure de la concurrence est assez proche de celle observée sur les marchés tiers.

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20 novembre 2017

Le cancer du sein en France

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus diagnostiqué en France. On estime à environ 49 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du sein « invasif » pour l’année 2012. Les estimations départementales montrent des variations géographiques très modérées. L’incidence a beaucoup augmenté entre 1980 et 2005 pour ensuite se stabiliser. Le cancer du sein est un cancer de bon pronostic. Le taux de mortalité baisse depuis 1995 avec 11 886 décès estimés pour l’année 2012. La survie nette1 à 5 ans s’est améliorée au cours du temps, passant de 80 % pour les femmes diagnostiquées en 1989-1993 à 88 % pour celles diagnostiquées en 2005-2010. La France se situe parmi les pays avec les taux de survie les plus élevés d’Europe. L’augmentation de l’incidence du cancer du sein observée depuis des décennies est vraisemblablement liée aux changements dans les modes de vie des femmes. Outre l’âge, ses facteurs de risque connus sont soit d’origine hormonale et reproductive (âge à la puberté, nombre d’enfants, âge à la première grossesse, allaitement), soit liés aux modes de vie (utilisation d’un traitement hormonal, surpoids, consommation d’alcool, travail de nuit, tabagisme) ou à l’environnement (exposition aux rayonnements ionisants), soit encore à une prédisposition génétique ou un antécédent personnel de pathologie mammaire. L’arrêt de l’utilisation massive de traitements hormonaux substitutifs par les femmes âgées de 50 à 70 ans à partir du début des années 2000 est sans doute responsable de la rupture de tendance de l’incidence observée autour de l’année 2005. La pratique de dépistage a pu également influencer les tendances de l’incidence. Le programme de dépistage organisé du cancer du sein s’adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans en proposant tous les deux ans une mammographie : deux incidences par sein, un bilan diagnostic immédiat en cas de résultat positif et une deuxième lecture en cas d’examen normal. Le programme, généralisé à la France entière (hors Mayotte) en 2004, vise à faire bénéficier chaque femme de la même garantie de qualité et de prise en charge et à fournir un égal accès au dépistage sur l’ensemble du territoire.

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17 novembre 2017

Mashup : moto + ski

Et là, vous savez quelle émission je regarde chaque soir ! ^^ Moto + ski ? Ca donne motoneige, pardi ! Je suis un aficionado des sports de glisse. Habituellement, je parcours les pistes de ski en snowboard, mais samedi dernier, je me suis laissé tenter par un tout autre type de locomotion, lors d'une randonnée en motoneige à Barèges. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, mais je dois dire que ça m'a beaucoup plu. Je craignais que le boucan de l'engin ne nuise à l'expérience, mais en fin de compte, j'ai vite compris que non. Dès que j'ai donné le premier coup d'accélérateur, en fait ! Nous étions cinq participants, et nous sommes partis alors que le jour déclinait. Au début, il m'a fallu un temps d'adaptation pour maîtriser l'engin. Ce n'est pas bien sorcier, pourtant : le frein se situe à gauche, l'accélérateur à droite... et c'est tout pour les commandes ! Mais il faut quand même le permis de conduire, car l'engin est puissant et particulièrement nerveux : il ne faut donc pas faire son johnny si on veut éviter les accidents. Dès que j'ai été plus à l'aise et que j'ai pu profiter du paysage, ça a été formidable. Puis les derniers rayons de lumière ont disparu, et la nuit est tombée. Je pensais que ce serait moins intéressant, mais ça a en fait été le contraire : la randonnée a alors pris une toute autre dimension. Je vous laisse imaginer la scène. Il y a la piste, la nuit, la lumière des phares arrière des autres conducteurs... et c'est tout ! Tout ce qui existe en dehors de cela n'est plus qu'un lointain souvenir. Ca a un côté presque onirique à vivre. Et on prend beaucoup de plaisir à explorer ce monde fait d'obscurité et de froid. Je n'avais jamais parcouru une piste de ski de nuit, et je dois dire que je ne m'attendais pas (mais alors, pas du tout !) à ce que ce soit aussi bien. Dire que j'ai failli opter pour une randonnée de jour ! ^^' En tout cas, si vous êtes comme moi à la recherche d'expériences inédites, je vous recommande vivement cette randonnée en motoneige à Barèges. C'est réellement une expérience unique. Retrouvez toutes les infos sur cette expérience de randonnée en motoneige à Barèges en suivant le lien.

motoneige5 (3)

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06 octobre 2017

L'invisibilité sociale

Le regard porté sur autrui constitue l’un des véhicules les plus puissants des préjugés sociaux. Plus violent qu’une insulte, le regard qui se détourne peut manifester une volonté d’indifférence, le choix de ne pas reconnaître l’autre comme suffisamment digne d’être perçu. « Pour se rendre invisible, n’importe quel homme n’a pas de moyen plus sûr que de devenir pauvre » écrivait Simone Weil (1953). Cette auteure n’a eu de cesse d’essayer de comprendre le lien entre les conditions objectives d’existence, le regard porté sur l’individu, et celui que l’individu porte sur lui-même, cherchant à cerner ce cercle vicieux conduisant une partie des personnes pauvres à basculer dans la marginalisation sociale, parfois jusqu’à l’oubli, à la disparition sociale. Pour lutter contre l’invisibilité sociale, Simone Weil proposait non pas d’accorder plus de droits aux citoyens, comme on aurait pu s’y attendre, mais d’exiger d’eux plus de devoirs envers l’être humain (Janiaud, 2012). Obliger à agir ceux dont l’indifférence est la cause de l’invisibilité de certains, plutôt que d’attribuer aux invisibles des droits qu’ils n’ont déjà plus suffisamment de force pour revendiquer par eux-mêmes, telle était la volonté de Simone Weil. Mais l’invisibilité des pauvres n’est pas seulement sociale au sens strict du terme. De nombreux travaux ont contribué à promouvoir une interprétation plus large de ce phénomène. À l’invisibilité sociale se sont ajoutés l’invisibilité politique, l’invisibilité médiatique, ainsi qu’une forme d’oubli de certaines catégories de population par l’action publique (Beaud et al., 2006 ; Rosanvallon, 2014). Les invisibles seraient aussi ceux que les chercheurs n’étudient pas, ou peu, soit tous les groupes dont les difficultés spécifiques n’ont pas encore été analysées par les sciences sociales (Gatti, 2003). Ce caractère multidimensionnel évoque une « invisibilité sociétale » plutôt que sociale. Qu’elle soit sociale ou sociétale, l’invisibilité peut être subie ou choisie. Un tel choix s’effectue dans le cadre d’une stratégie offensive ou bien défensive. Ainsi, certaines catégories de la population organisent-elles fréquemment une forme d’invisibilité sociale, tel ce couple d’acteurs américains ayant acquis une demeure en Provence dans laquelle ils se rendent discrètement et dont ils ne sortent jamais, se rendant ainsi invisibles aux regards des habitants1 . Une telle stratégie revient à revendiquer un certain droit à l’oubli. À l’inverse, des personnes pauvres font le choix de cacher leurs difficultés à leur environnement social ou aux institutions, par crainte d’être stigmatisées. Cette invisibilité choisie témoigne d’une stratégie de résistance. L’invisibilité peut donc être sociale ou sociétale, subie ou choisie.

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