Ils sont bien tristes, les chatons. Bien qu'ils aient accédé aux plus hautes fonctions, ils ne cessent de dégringoler dans les sondages. Reste à voir si, comme le dit le proverbe, les chats retombent toujours sur leurs pattes. Pas sûr...

Chaton Trump ne cesse d'accumuler les déboires, depuis son investiture. Son projet de mur n'est toujours pas financé, ses décrets migratoires sont dans une impasse, son abrogation de l'Obamacare est dans les choux, et les soupçons de collusion avec la Russie tournent en cercles de plus en plus serrés autour du locataire de la Maison-Blanche. Tout va si mal dans ce fameux bureau oval que Trump est contraint d'aller jouer au golf à son club très privé parce que la Maison Blanche "est un vrai dépotoir" (ou un "trou à rat, selon la manière dont on traduit le terme dump).

Et puis, plus près de nous, il y a le chaton Macron. Doit-on mettre les deux chatons sur le même plan ? Non, pas vraiment. Mais il ne faudrait pas non plus trop les séparer non plus. Tous deux ont été élus en faisant preuve de démagogie. Tous deux sont aussi immatures (une immaturité qui a bien transparu dans cette fameuse poignée de main entre les deux hommes : on est très loin du comportement de chefs d'Etat responsables !). Et tous deux attachent une énorme importance à l'image qu'ils renvoient. 

Là s'arrête la comparaison, cependant. Car Trump fait preuve d'une agressivité et d'une détermination frontale dans sa gestion du pouvoir. Chaton Macron, quant à lui, est plus prudent : il préfère envoyer d'autres au casse-pipe. Il l'avait déjà fait sous le gouvernement Hollande, en rédigeant un projet de loi travail qu'il a ensuite "généreusement" confié à Myriam El Khomri pour qu'elle aille en première ligne. Il le fait aujourd'hui encore, en se dédouanant de ses lieutenants sur la baisse des APL. Il les a vertement tancés sur le sujet, tonnant que c'était là "une connerie sans nom". Le gros mot dénote la fermeté dont le président sait faire preuve lorsque la situation l'exige. Mais cette réaction ne convainc pas. D'abord, elle est bien trop tardive. Ensuite, qui peut vraiment croire que cette mesure a été prise sans le chef de l'Etat ? Non, Macron a seulement, une fois de plus, envoyé au casse-pipe ses généraux. Pour tester les réactions, pour observer. Macron est à l'évidence un tacticien. Mais un tacticien dont les manoeuvres apparaissent aussi clairement, et aussi rapidement, témoigne d'un bien pauvre savoir-faire en la matière...