Le cancer du sein est le cancer féminin le plus diagnostiqué en France. On estime à environ 49 000 le nombre de nouveaux cas de cancer du sein « invasif » pour l’année 2012. Les estimations départementales montrent des variations géographiques très modérées. L’incidence a beaucoup augmenté entre 1980 et 2005 pour ensuite se stabiliser. Le cancer du sein est un cancer de bon pronostic. Le taux de mortalité baisse depuis 1995 avec 11 886 décès estimés pour l’année 2012. La survie nette1 à 5 ans s’est améliorée au cours du temps, passant de 80 % pour les femmes diagnostiquées en 1989-1993 à 88 % pour celles diagnostiquées en 2005-2010. La France se situe parmi les pays avec les taux de survie les plus élevés d’Europe. L’augmentation de l’incidence du cancer du sein observée depuis des décennies est vraisemblablement liée aux changements dans les modes de vie des femmes. Outre l’âge, ses facteurs de risque connus sont soit d’origine hormonale et reproductive (âge à la puberté, nombre d’enfants, âge à la première grossesse, allaitement), soit liés aux modes de vie (utilisation d’un traitement hormonal, surpoids, consommation d’alcool, travail de nuit, tabagisme) ou à l’environnement (exposition aux rayonnements ionisants), soit encore à une prédisposition génétique ou un antécédent personnel de pathologie mammaire. L’arrêt de l’utilisation massive de traitements hormonaux substitutifs par les femmes âgées de 50 à 70 ans à partir du début des années 2000 est sans doute responsable de la rupture de tendance de l’incidence observée autour de l’année 2005. La pratique de dépistage a pu également influencer les tendances de l’incidence. Le programme de dépistage organisé du cancer du sein s’adresse à toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans en proposant tous les deux ans une mammographie : deux incidences par sein, un bilan diagnostic immédiat en cas de résultat positif et une deuxième lecture en cas d’examen normal. Le programme, généralisé à la France entière (hors Mayotte) en 2004, vise à faire bénéficier chaque femme de la même garantie de qualité et de prise en charge et à fournir un égal accès au dépistage sur l’ensemble du territoire.