Les difficultés rencontrées par les jeunes pour se loger sont multiples et concernent à la fois l’accès au logement et les conditions de logement (Kesteman, 2005 ; Kesteman, 2010 ; Maunaye, 2017). Le fait d’être jeune est perçu comme un motif de discrimination dans l’accès au logement locatif par 71 % des individus (Défenseur des droits, 2012). Nous présenterons ici les principales données statistiques récentes sur le nonrecours à l’aide publique en matière d’accès au logement et à l’hébergement d’urgence. Ainsi, 68 % des jeunes âgés de 18 à 30 ans affirment avoir été confrontés au moins une fois dans leurs parcours à une difficulté dans l’accès au logement (AFEV, 2015). Sur l’ensemble des jeunes âgés de 18 à 29 ans n’habitant plus chez leurs parents, 29 % vivent dans des logements jugés trop petits (16 % sur l’ensemble de la population) et 29 % dans des logements difficiles à chauffer (24 % sur l’ensemble de la population) [Fondation Abbé Pierre, 2013]. Ces difficultés renvoient en première instance à une question financière liée à la concurrence sur le marché des petits logements, aux coûts élevés des loyers et aux faibles revenus des jeunes (Guichet, 2013 ; Richez, 2015). Elles contraignent une partie des jeunes à rester ou à revenir au domicile parental, si tant est que cela soit possible. Ainsi, 30 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans, et 55 % des jeunes âgés de 25 à 34 ans, soit un million de jeunes adultes, quitteraient le domicile parental s’ils en avaient les moyens (Fondation Abbé Pierre, 2015 ; Gaviria, 2016)